L’herbe « cultivée » : encore du potentiel sous le pied !

Chercheurs, conseillers de gestion et éleveurs partagent une vision commune des prairies. Ces surfaces doivent être bichonnées au même titre qu’une culture annuelle…Investir dans le poste Semences, amorti souvent sur plusieurs années, s’avère tout à fait rentable.

« Le système herbager peut être complexe ; l’herbe, elle, amène de la simplicité »

« Sur les surfaces en herbe, beaucoup trop d’éleveurs sont encore dans une logique de « cueillette ». La surface fourragère n’est pas qu’un substrat pour porter les vaches. Elle est là avant tout pour les nourrir. Travailler les semences fourragères c’est-à-dire opter pour la bonne variété ou le bon mélange, l’entretenir… doit se généraliser car cela peut générer d’importants gains. En plus, la marge de progrès est encore grande. Bien sûr, il n’existe pas de modèle unique.

À chaque éleveur de trouver les espèces qui s’adaptent le mieux à son type de terre, au climat de sa région… Le choix des semences prairiales, leur conduite, se raisonnent finalement comme celui des autres cultures. La vente des semences doit être accompagnée d’un service, car les éleveurs ont besoin d’être accompagnés pour mieux utiliser les génétiques nouvelles et ainsi, mieux les valoriser. La réflexion ne peut pas s’arrêter sur un seul élément technique, car tout est lié pour atteindre le meilleur résultat économique sur l’exploitation. Les semences prairiales, la qualité du maïs ensilage, le soin porté aux animaux… tout est important.

Il faut revenir à de la simplicité pour réussir à maîtriser de la complexité. Commencer par exemple par se demander si le système herbager en place est cohérent ? Est-il assez productif ? Le coût de la semence ne doit pas être un frein. On ne doit pas opposer le maïs-ensilage aux espèces prairiales. Bien au contraire : l’objectif est de réussir à trouver le bon équilibre entre ces deux productions pour optimiser les surfaces d’une exploitation donnée en terme de quantité et de qualité de nourriture pour les animaux ».

Semences prairiales : moins de 5% du coût de la SFP

Coût moyen de la SFP (Surface Fourragère Principale) des exploitations laitières des Deux-Sèvres pour la récolte 2008 : 270 €/ha.

  • Le coût des semences est le total des achats destinés aux fourrages (maïs compris) divisé par le total des hectares de la SFP.
  • Coût moyen des semences (prairie et maïs) : 55 €/ha/an,
  • Coût moyen des semences, prairie seulement (gardée 5 ans) : 12 €/ha,
  • Coût moyen des semences en maïs-ensilage : 147 €/ha,
  • Autres coûts : engrais : 83 €/ha ; traitements : 31 €/ha ; Ramassage, ensilage… : 101 €/ha.

« Les prairies : une culture à part entière »

Depuis 1994, Michel Liaud teste différentes espèces prairiales, seules ou en association. « J’ai tâtonné, reconnaît-il. Désormais, pour nourrir les 220 animaux, l’organisation est bien calée. Tous mes mélanges sont constitués soit de 3 kg de trèfle blanc et de 20 kg de RGA (un mélange de quatre variétés) ou de 15 kg de RGA et de 5 kg de fétuque élevée selon l’objectif recherché : pâturage des vaches laitières, des génisses ou production de fourrage.

Je reste sur ce type de gammes mais j’opte, dès que possible, pour les nouvelles variétés : plus productives, plus résistantes aux maladies ou aux stress. Avec les prairies, il faut respecter les fondamentaux : faucher ou broyer une fois par an, laisser un repos annuel de trois mois et maîtriser toute la chaîne de récolte (fauche, enrubannage, ensilage) pour assurer un stock d’aliments de qualité. J’ajoute que derrière une prairie, mes maïs-ensilages me donnent 90 UFL/kg de MS et 16% de protéines. ».

L’exploitation de Michel Liaud :

  • EARL avec son épouse sur 140 ha, dont 100 ha de prairies,
  • Quota laitier de 460 000 litres,
  • Moyenne d’étable : 8 500 litres,
  • Les coûts : poste semences fourragères : 100 €/ha tous les 4 à 5 ans,
  • 3 fois moins de concentrés : 113 g/l de lait, contre 300 en moyenne départementale.
M. MathéMichel Liaud

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