Graminées et légumineuses fourragères : les apports du progrès génétique à l'élevage

Chaque année, c'est une trentaine de nouvelles variétés de plantes fourragères qui passe avec succès les tests d’inscription au Catalogue Officiel français des variétés. Les critères variétaux observés, notés et diffusés varient selon les espèces. Sur le terrain, il est parfois difficile de se rendre compte de ce que le progrès génétique apporte concrètement. L’occasion nous est donnée de faire le point sur les améliorations possibles et sur leurs impacts technico-économiques sur l’élevage.

Rendement et rentabilité économique

Le progrès génétique, chez les espèces fourragères, porte principalement sur les critères suivants :

  • le rendement,
  • la répartition du rendement et la saisonnalité,
  • la qualité alimentaire,
  • les résistances à des contraintes ou des bioagresseurs,
  • la facilité d’exploitation,
  • la convenance à l’usage.

Le principal progrès concerne la productivité de la variété. Celle-ci est un facteur important du résultat. L’essentiel des charges économiques (foncières, mécanisation, travail) est directement lié à la surface. Si la productivité augmente, on peut alors répartir le coût sur plus de rendement et le prix de revient par tonne de matière sèche diminue. Il peut y avoir 15 % de différence de rendement au sein d’une même espèce ! Mais il faut aussi intégrer la répartition de ce rendement est au cours de la saison herbagère. Le progrès génétique permet d’augmenter le nombre de jours pâturés par an. Un animal au pâturage, qui récolte lui-même son alimentation et qui satisfait à ses besoins, coûte 3 fois moins cher qu’un animal en bâtiment, avec en plus le travail, la paille et le fumier !

Des améliorations qualitatives

Si la notion de rendement est importante, la notion de qualité l’est encore plus. Les critères variétaux qui impactent la qualité sont multiples. Tout d’abord sur le comportement de la plante. La souplesse d’exploitation, durée qui s’écoule entre le stade démarrage en végétation et le début épiaison, impacte la stabilité de la qualité du fourrage. Plus la souplesse d’exploitation est longue, plus l’éleveur peut conserver un stock d’herbe sur pied sans perte de qualité liée à l’épiaison. La qualité du fourrage est très impactée par le rapport feuilles/tiges. Ce sont bien sûr les feuilles qui favorisent la valeur alimentaire. Lors de la montée en épi cette valeur diminue. En plus, il faut intégrer la prédisposition de la variété à refaire une seconde fois voire une troisième fois des épis, à chaque repousse. C’est ce que l’on appelle la remontaison. La remontaison n’est cependant pas forcément un défaut. Cela dépend des objectifs d’usage de la fourragère. Pour la fauche répétée, il peut être intéressant d’avoir la présence d’un peu de tiges pour la tenue du fourrage.

Des améliorations différentes selon les espèces

Chez la fétuque élevée, il y a un critère spécifique qui est celui de la souplesse des feuilles. Le progrès génétique a amené des variétés à feuilles plus souples et plus tendres qui ont pour conséquence une augmentation de la production laitière de 1,6 kg de lait par vache et par jour. Il s’agit là de « lait gratuit ». Chez le dactyle, l’amélioration variétale a allongé de 20 jours la souplesse d’exploitation. Le sélectionneur améliore également la valeur alimentaire des espèces cultivées. Cela concerne à la fois la valeur énergétique et la valeur protéique mais également l’appétence de la plante. Ces aspects ont des conséquences directes sur les résultats technico économiques car une insuffisance de valeur induira la nécessité de complémenter l’alimentation avec de l’aliment concentré, céréales, tourteaux, aliments composés qui coûtent 4 à 8 fois plus cher que l’herbe de qualité récoltée par l’animal.

Meilleure résistance aux maladies

Un critère supplémentaire est pris en compte dans le processus de sélection : la résistance des plantes aux maladies. C’est d’ailleurs le seul moyen de lutte dont peut disposer l’éleveur contre les maladies. Prendre en compte ce critère dans le choix de la variété est donc essentiel. Les maladies fongiques ou virales, bien sûr omniprésentes dans la nature, nuisent à la productivité, à la pérennité de la plante, à l’appétence et à la valeur alimentaire.

Facilité d’exploitation

Le sélectionneur prend en compte la praticité d’utilisation de la plante dans des critères telle que la résistance à la verse pour un usage en fauche ou encore la résistance au froid l’hiver. Certaines espèces sont disponibles en variétés diploïdes et en variétés tétraploïdes. Les tétraploïdes ont des feuilles plus larges, plus retombantes et donc un rapport feuilles/tiges supérieur et une meilleure aptitude au pâturage qu’à la fauche. Pour les 16 principales espèces de fourragères, le site www.herbe-book.org est à la disposition de tous. Il permet de connaître les notes attribuées sur les différents critères : au total, 458 variétés et 10158 notes. La définition précise des termes employés est expliquée et le visiteur du site est invité à classer ses objectifs par ordre de priorité. En réponse, le site herbe-book.com propose un classement des variétés en fonction des critères d’intérêt. C’est donc un conseil très personnalisé. Le progrès de la sélection en plantes fourragères est permanent et porte sur de multiples critères. Ces critères interfèrent entre eux de manière positive. Pour connaître ces progrès, il est essentiel d’analyser l’information variétale simple et facile d’accès grâce au site www.herbe-book.org.

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