Sainfoin, lotier et trèfle hybride

Lorsque l’on évoque les légumineuses prairiales, on pense essentiellement à trois espèces qui dominent dans le paysage : la luzerne, le trèfle violet et le trèfle blanc. Les éleveurs redécouvrent d’ailleurs de plus en plus les atouts de ces espèces tant sous l’aspect agronomique que zootechnique et économique. A côté de ces trois plantes principales, il y en a d’autres dont on connaît simplement le nom sans en connaître la biologie, l’utilisation possible et ce qu’elles peuvent amener dans le système fourrager. Ces espèces sont le lotier corniculé, le sainfoin et le trèfle hybride. Elles sont dites mineures mais peuvent avoir des intérêts fourragers des plus intéressants.

Le sainfoin en pur pour des sols séchants et plutôt pour la fauche

Le sainfoin est une plante adaptée aux sols séchants, calcaires et ne supporte pas l’excès d’humidité. Il se distingue par ses vertus diététiques, notamment sa richesse en tanins. La production est assez importante en biomasse mais avec une proportion importante de tiges. Si le sainfoin est surtout destiné à la fauche, il peut également être pâturé car il n’est pas météorisant. Sa pérennité est de 2 années, parfois une troisième année de récolte est possible mais dans ce cas elle est un peu moins productive.

La semence de sainfoin se distingue par la grosseur de la graine qui peut être décortiquée ou pas. La dose de semis est de 50 kg de graines décortiquées, 150 kg si les graines ne sont pas décortiquées. Elles se présentent alors en cosses. Il n’existe pas un large panel de variétés mais simplement des sainfoins simples et des sainfoins doubles. Le sainfoin simple ne fleurit qu’une fois puis a tendance à gazonner, il est alors mieux adapté au pâturage. Le sainfoin double refleurit davantage après la première coupe et convient mieux aux fauches répétées. Le sainfoin est surtout destiné à être utilisé en pur car il y a peu d’autres fourragères adaptées à ses conditions pédoclimatiques et d’une pérennité semblable.

Le lotier corniculé bien adapté en association avec le dactyle ou la fétuque élevée

Le lotier corniculé est également une plante riche en tanins. Il est adapté aux sols séchants, calcaires mais aussi acides ainsi qu’aux sols superficiels, voire siliceux. Il n’y a que les excès d’eau qui lui sont défavorables. Le lotier est surtout destiné à être utilisé associé à du dactyle ou de la fétuque élevée en zone séchante et donc défavorable au trèfle blanc, ou à rentrer dans la composition dans un mélange multi espèces. Le lotier corniculé n’est pas météorisant. La dose de semis doit se situer entre 5 et 15 kg au sein de la composition. La pérennité de cette espèce est de 2 à 3 ans mais si les conditions lui conviennent, sa présence peut perdurer avec celle des graminées qui lui sont associées.

Une espèce à découvrir : le trèfle hybride

Le trèfle hybride est certainement le plus méconnu. Cette espèce naturelle est une des rares légumineuses adaptées aux prairies humides. Elle supporte bien les excès d’humidité, voire les inondations ainsi que les sols hydromorphes, compactés ou acides. Elle est bien adaptée au pâturage avec cependant un risque de météorisation. Son port de tiges élancé lui permet de convenir également à la fauche. Son utilisation est surtout à préconiser soit en association avec une graminée de prairie humide comme la fétuque des près, la fétuque élevée ou encore la fléole des près, soit en mélange multi espèces avec ces mêmes graminées. Ce mélange pourra être complété avec éventuellement un ray-grass anglais qui gazonnera et donnera de la densité à la prairie, limitant ainsi la présence d’adventices. La dose de semis doit se situer entre 5 et 8 kg avec 15 à 18 kg de graminées.

Pour vous aider, vous pouvez utiliser le calculateur de mélanges prairiaux, une des outils d'Herb'actifs accessible directement depuis le site.

une fleur de sainfoin

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