La betterave fourragère : vous n'avez jamais entendu parler d'"elle" comme ça

« Elle » est née il y a très longtemps au bord de la mer et a représenté l’un des constituants essentiels des rations hivernales. « Elle » était présente dans presque tous les élevages mais à l’époque, les exploitations étaient plus petites et la main d’oeuvre plus disponible. Par la suite, l’agrandissement des structures et les décisions politiques, comme par exemple les quotas laitiers et les taux utiles, lui ont été défavorables faisant passer ses surfaces de 800 000 ha en 1950 à quelques milliers à nos jours. Toutefois « Elle » n’a pas dit son dernier mot et aujourd’hui sonne l’heure de son grand retour.

Plurigerme et maintenant monogerme pour faciliter sa culture

Néanmoins, pendant toutes ces années, les sélectionneurs n’ont cessé d’améliorer les variétés pour mettre aujourd’hui à la disposition des éleveurs une large offre variétale. Sont ainsi disponibles des variétés avec différentes teneurs en matière sèche, plus résistantes aux maladies, plus ou moins enterrées avec même une diversité des couleurs. Tout ceci pour satisfaire aux besoins et aux attentes des différents modes d’élevage. En évoquant l’amélioration des variétés, on ne peut omettre cette étape la plus importante de l’histoire de sa sélection : la monogermie génétique.

En effet, son ancêtre produisait des graines qui, en germant, donnaient plusieurs plantules. Il fallait alors les « démarier ». Un travail fastidieux qui n’a plus été nécessaire grâce au travail du sélectionneur. D’autres technologies ont également facilité le semis : l’enrobage de la graine afin qu’elle se présente sous la forme d’une petite bille ou encore l’activation des semences qui permet d’envisager des semis plus précoces et une levée plus homogène.

Pour de bons rendements en Ufl et un aliment santé

Aujourd’hui, le contexte économique, réglementaire et environnemental a changé et fait d’ « Elle » une des solutions fourragères de première ligne ! Les arguments ne manquent pas et se traduisent par une augmentation importante et régulière chaque année de ses emblavements. On peut dire que l’essayer, c’est l’adopter !

« Elle » se distingue par sa productivité : 15 à 20 000 UFL par hectare sont la norme et la plante n’est pas pénalisée en zone froide. « Elle » bénéficie à la santé animale, parole d’éleveur : « « Elle » éloigne le vétérinaire et les bêtes ont un plus beau poil. C’est un fourrage vivant tout l’hiver ! » « Elle » diversifie les composants de la ration. C’est une plante non seulement très appétente mais concentrée en énergie et très peu encombrante : 0,6 UEL. « Elle » en fait ainsi le meilleur associé des bonnes graminées et légumineuses conservées. Ce critère est précieux pour faire consommer un maximum de matière sèche. « Elle » diversifie la rotation, ce qui est un atout agronomique dans la lutte contre les adventices et les maladies.

Du semis à l’utilisation, la mécanisation est possible

« Elle » est mécanisable du champ à l’auge. Le semis précis en fait une plante facile à désherber mécaniquement. L’arrachage peut se réaliser dans le cadre de CUMA ou de l’entraide avec du matériel souvent présent localement. « Elle » se conserve facilement, reste fraîche et même terreuse, elle ne provoque pas de fermentations butyriques.

« Elle » peut être utilisée entière ou en morceaux, seule ou mélangée avec d’autres fourrages ou encore être proposée aux animaux directement en pâturage avec un fil avancé quotidiennement.

« Elle » permet de mieux répartir et étaler le calendrier des pointes de travail. Cette plante valorise très bien les effluents d’élevage en consommant les éléments fertilisant surtout à partir de juillet et jusque tard à l’automne.

Forte adaptabilité aux aléas climatiques

« Elle » ne connaît, la première année, qu’une phase végétative et « Elle » est capable de résister à des canicules ou sécheresses pendant un certain temps, puis de redémarrer avec même une croissance compensatrice.

« Elle » est une plante environnementale. En effet, économe en eau, « Elle » valorisera bien les nitrates avant que ceux-ci ne s’échappent vers les nappes phréatiques. De plus, par la forme de son couvert, « Elle » favorise la faune sauvage qui peut s’y cacher. Il y a encore tant de choses à dire sur « Elle » que si vous voulez mieux la connaître et tout d’abord son nom (à moins que vous l’ayez découvert !), il vous suffit de taper ADBFM sur votre moteur de recherche.

betterave fourragère

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