Valoriser ses prairies en passant son troupeau allaitant en bio

En convertissant le troupeau allaitant en agriculture biologique, les associés du Gaec de la Gourinais valorisent leur viande à un meilleur prix. Ce système d’élevage permet aussi d’utiliser au maximum leurs nombreuses prairies.

Ce qui est impressionnant en arrivant sur les terres du Gaec de la Gourinais à Plessé en Loire-Atlantique, c’est le nombre de prairies. Et pour cause, tout le système d’élevage des 110 mères allaitantes de l’exploitation repose sur le pâturage. Sur les 155 ha de SAU, 80 ha sont en prairies temporaires et 40 ha en prairies naturelles. Le reste se partage entre blé panifiable, maïs fourrage et mélange céréalier. « Nous avons mis l’herbe au centre de notre système car le climat est très propice et les sols sont peu séchants » explique Olivier Bugel, l’un des associés du Gaec. Si les prairies ont de l’importance dans la gestion du troupeau, elles en ont aussi dans la commercialisation de la viande. Les exploitants s’appuient sur le mode d’alimentation de leur élevage pour valoriser leur viande. Après une démarche de conversion entamée en 2015, le troupeau a été certifié en agriculture biologique en 2017. Si le cahier des charges bio précise que 60 % de l’alimentation doit provenir de la ferme, il impose que le système d’élevage repose sur une utilisation maximale du pâturage. « En général en bio, nous sommes payés environ 1 €/kg de carcasse de plus que le prix du conventionnel » rapporte Olivier Bugel. Les coûts en aliments sont également diminués puisque les prairies produisent assez pour faire des stocks et nourrir le troupeau pendant l’hiver. Avec ses associés, il a récemment invité les bouchers d’une grande surface voisine à venir sur l’exploitation pour leur faire découvrir leur méthode de production. « Ils étaient ravis de la visite et surtout ils vont pouvoir maintenant expliquer à leurs clients comment sont élevées les vaches qu’ils vendent » se réjouit l’éleveur. Car le système de pâturage est un argument de vente très fort.

Une conduite de troupeau adaptée au pâturage

Les associés du Gaec valorisent leur herbe par le pâturage. Les bêtes sortent par lot à la fin de l’hiver en fonction de l’avancée des vêlages. En bâtiment, elles sont nourries uniquement avec de l’ensilage d’herbe et du foin. « Nous sommes en train de passer une partie du troupeau en limousine. C’est une race plus adaptée à la conduite en bio qui valorise mieux l’herbe. Mais je tiens quand même à garder la moitié du cheptel en blonde d’aquitaine » annonce Olivier Bugel. L’engraissement est fait au champ avec un complément de 5 kg de mélange de céréales produites sur l’exploitation.

L’importance de la fertilisation

Pour assurer le fonctionnement de ce système herbe et les débouchés qui en découlent, les exploitants doivent s’assurer de la productivité de leur prairie. Pour ce faire Olivier Bugel mélange deux tiers de fumier de bovin avec un tiers de fumier de volaille acheté à un voisin. Cet engrais organique est apporté à l’automne. Les prairies sont également chaulées une année sur trois. « Je vois vraiment la différence sur la levée de la prairie et sur l’utilisation de la matière organique dans le sol depuis que je mets de la chaux » témoigne Olivier Bugel. Et le résultat est là, les prairies produisent plus que ce que nécessite l’élevage. « L’année dernière nous avons vendu 32 ha sur pied à des voisins bio en manque de fourrage et cette année ce sera sûrement 62 ha. Je pense que nous allons pouvoir faire trois coupes d’ensilage en plus du pâturage » affirme l’éleveur qui devrait vendre également 120 tonnes de foin. Pour atteindre ce résultat, les associés du Gaec sèment un mélange prairial volontairement épais qui est destiné à être renouvelé tous les dix ans. Sur cette durée, la productivité baisse légèrement. « Ce n’est pas très marqué car nous faisons très attention à ce que les prairies ne soient pas abîmées par les animaux. Le mélange se compose de 20 kg de ray-grass anglais, 6 kg de trèfle blanc et hybride et de 10 kg de fétuque élevée. « Le ray-grass anglais est trop fragile au piétinement et il brule vite. La fétuque élevée nous permet de remédier à ces caractéristiques pour assurer le rendement. Mais nous n’en semons pas plus car elle prend le dessus petit à petit chaque année. Nous voulons qu’il reste du ray-grass anglais à la fin des 10 ans » conclut Olivier Bugel.

Olivier Bugel parmis ses bêtes
prairies au gaec de la gourinaisles bêtes à la stabulation

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