Plus souple et plus régulier en valeur nutritive, même dans l’Ouest, le séchage engrange !

Evoluer vers plus d’autonomie pour ses vaches laitières : un objectif qu’Antoine Hocdé s’est fixé dès la reprise de l’exploitation familiale, à La Roë, en Mayenne. Pari gagné avec le séchage en grange.

Chez Antoine Hocdé, les campagnes se suivent et… ne se ressemblent pas. « Depuis mon installation, en 2000, beaucoup de choses ont changé, explique-t-il. L’assolement tout d’abord. Les prairies et la luzerne ont, au fil des années, remplacé les céréales et le maïs. L’envie d’évoluer vers davantage d’autonomie, pour l’alimentation de mes vaches laitières, a guidé mes choix ». Dernier investissement en date : la construction d’une grange pour sécher le foin en vrac. D’une capacité de stockage de 300 tonnes (3 cellules de 100 t), ce système peut sécher jusqu’à 4,5 ha par jour. « Cette installation me permet de valoriser au mieux mon système herbe, poursuit-il. Grâce à lui, je fauche plus tôt, j’y gagne en souplesse… La luzerne par exemple peut être récoltée dès 60 % de matière sèche (MS), à un stade où elle possède encore toutes ses feuilles et donc une richesse en protéines supérieure. Idem avec mes prairies multi-espèces. Je réalise mes mélanges moi-même à base de ray-grass anglais diploïde et tétraploïde, de fétuque des près, de fétuque élevée, de fléole, de trèfle blanc petite feuille, trèfle blanc type ladino et de trèfle incarnat ».

L’air chaud, produit par le soleil

La première coupe a lieu début mai. La luzerne est ensuite fauchée toutes les cinq semaines, soit près de quatre coupes dans l’année. Pour les prairies, Antoine alterne fauche et pâture. Deux jours après la fauche, le foin est stocké dans la grange, sur des caillebotis, par couches successives : 1,50 m de haut pour la première, 20 cm à 1 m pour les suivantes (tous les deux jours) et ce, jusqu’à 5 m de hauteur. Ensuite, si le temps n’est pas trop humide, le tas est ventilé avec de l’air chaud pendant huit jours pour rapidement atteindre 75 à 80 % de MS. Chez Antoine, l’air chauffé par le soleil est propulsé dans le tas par deux ventilateurs. « Il est capital que le tas ait une densité homogène afin que l’air circule partout, précise-t-il. Pour détecter le moindre échauffement, une surveillance quotidienne s’impose ». Un tel système permet aussi des économies en intrants, en temps et en fuel. Car pour Antoine, c’est aussi cela le séchage en grange : limiter l’impact de sa production sur l’environnement. Bien sûr, les ventilateurs sont gourmands : en moyenne, 50 jours de consommation électrique par an pour une consommation totale de 30 000 kW. Antoine pense aux énergies renouvelables pour y remédier.

L'exploitation

  • 50 vaches laitières à 6000 litres/an en moyenne par vache.
  • Assolements : en 2000, 26 ha de blé et d’orge, 14 ha de maïs ; en 2007 (avant le séchage en grange), 45 ha de prairies, 10 ha de blé, 8,5 ha de maïs, 4,5 ha de colza et 5 ha de lupin ; en 2009 : 46 ha de prairies, 8 ha de luzerne et 18 ha d’un mélange triticale-avoine-pois.
  • La conversion en bio est en cours.
  • Investissements récents : panneaux solaires (eau de salle de traite), passage à l’huile de colza (tracteurs), pré-refroidisseur tubulaire ( tank à lait) et séchage en grange en 2008 ; ce dernier a coûté 200 000 € dont 8 000 € d’aides (Ademe, Région).
séchage en grange

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