Eleveur laitier ET multiplicateur de semences, une même passion pour la qualité

Ancien prof de sport, Jean-Philippe Boué a rejoint en 2012 le Gaec familial basé au Theil-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine). Lui s’occupe des cultures et apprécie la technique qu’exige la production de semences. L’élevage est du ressort de l’un de ses associés du Gaec. Le choix des semences pour les cultures destinées aux animaux fait l'objet d'une attention particulière.

« Le Gaec fondé par ma grand-mère et ses cousins dans les années 1970 a toujours été le lieu d’une grande diversification : tant dans les productions animales que végétales, explique Jean-Philippe Boué qui a rejoint le Gaec, en 2012. La production de semences a été testée, et validée, dès les premières années. Aujourd’hui, nous semons une trentaine d’hectares de porte-graines : du dactyle mais aussi du ray-grass anglais et du ray-grass hybride. Ces productions sont entrées sur l’exploitation pour leur attrait économique : elles y sont restées aussi pour leur valorisation fourragère ». Au sein du Gaec, Jean-Philippe s’occupe de la partie cultures. Il apprécie le côté technique de la production de semences : là où l’agronomie est au cœur de la réflexion. Seul bémol à son enthousiasme : le manque d’intrants homologués qui, pour le désherbage notamment, pourrait peut-être un jour lui faire faire marche arrière. Un problème qu’il pallie pour l’heure en allongeant les rotations.

Le dactyle, un réel intérêt économique

Pour le reste, ce n’est que du positif ! Le dactyle est implanté sous couvert, le lendemain du semis du blé ou de l’orge avec un semoir à céréales. « La récolte des graines se fait début juillet, l’année n+1 du semis, soit environ 21 mois après, précise-t-il. Cette étape est le point clé de l’itinéraire technique. L’optimum du taux d’humidité se situe entre 18 et 22 %. Nous sommes équipés d’un séchoir, ce qui nous permet de limiter le risque de perte de graines, très légères dès qu’elles sont bien sèches. Le dactyle est la production de semences la plus intéressante économiquement, même si, contrairement aux ray-grass, les pailles ne sont pas valorisées en fourrage. Elles sont exportées vers une unité de méthanisation voisine ».

Ray-grass : graines et fauches bien valorisées

Pour les ray-grass, la conduite est un peu différente car ces espèces sont pluriannuelles. Le semis se déroule la première quinzaine de septembre pour une récolte des graines entre le 15 et le 30 juillet. « Les « bonnes » années, il est possible d’exploiter plusieurs fauches, précise-t-il. Trois fauches pour le RGH : en avril-mai, fin septembre et en avril de l’année suivante, juste avant l’implantation du maïs. La production de matière sèche varie de 6 à 10 tonnes/ha selon les années. Avec le RGA, il n’y a pas de fauche avant la récolte des graines mais deux après. Pour cette espèce, la production de matière sèche est plus aléatoire mais peut quand même atteindre 4 t/ha ». Ce fourrage est un réel plus pour nourrir les animaux. Sur génisses, il est broyé et apporté en mélange avec de la paille, de la luzerne, du maïs et du tourteau de soja.

Alterner pâturage et fauche

Les semences produites sont réceptionnées et conditionnées par l’obtenteur : elles ne sont pas ressemées sur l’exploitation. Au Gaec, le choix des espèces prairiales est directement lié aux besoins des animaux. Le fait d'être producteur de semences contribue sans conteste à l'attention accordée aux semis destinés aux prairies ou à la fauche. Adaptation aux conditions pédoclimatiques de la région et résistance au piétinement sont deux autres caractéristiques regardées de près. « En général, j’implante trois ou quatre espèces en mélange, poursuit-il. RGA-trèfle blanc pour la pâture et un peu de fauche, RGI-trèfle violet pour la fauche et un peu de pâture, et des dérobées avec RGH à 100 % pour la fauche, associées le plus souvent à de la fétuque des prés. Les vaches sortent de mars à novembre et durant cette période, nous assurons un pâturage au fil. Le troupeau est alors divisé en deux lots. Le plus productif rentre le soir pour dormir à l’abri. La production de lait est relativement stable tout au long de l’année ».

Savoir multiplier les contacts avec son environnement

Cette double casquette de producteur de semences et d’éleveur, Jean- Philippe Boué l’assume… et l’apprécie.
« Ce sont deux métiers différents qui nécessitent de se former et de s’informer régulièrement, confie-t-il. Au sein du Gaec, les 10 associés ont tous des responsabilités au sein de la profession agricole, dans les mairies ou dans le milieu associatif. Une ouverture d’esprit qui nous permet de progresser ».

L'exploitation en bref

  • Gaec de 10 associés et de 4 salariés,
  • SAU de 390 ha : 110 ha blé, 20 ha orge, 80 ha maïs (essentiellement fourrage), 40 ha colza, 15 ha luzerne, 25 ha - porte-graines (10 ha de RGA, 8 ha de RGH et 7 ha de dactyle) ; le reste en prairies,
  • 200 vaches laitières, quota de 1,8 million de litres de lait
  • Atelier porcs de 300 truies, en tant que naisseurs- engraisseurs
  • Atelier volailles de 1200 m2, découpé en 3 bâtiments; production annuelle de 28 000 poulets sous label.

Deux métiers, une même passion

Etre à la fois producteur de semences et éleveur de vaches laitières peut surprendre et pourtant, le lien entre ces deux métiers est, pour Jean-Philippe Boué, évident. « La valorisation des coproduits des portes graines apporte un complément fourrager très intéressant : en qualité et en quantité, précise-t-il. Pour la production de semences, je travaille avec un obtenteur, via un contrat annuel. La pureté variétale et l’itinéraire technique peuvent être contrôlés au cours de l’année. Cela fait plusieurs années que je travaille avec RAGT : ce type de contrat est avant tout basé sur la confiance. Le semencier vient chercher le dactyle dès la récolte. Les ray-grass peuvent être stockés sur l’exploitation pendant plusieurs semaines ».

Jean-Philippe Boué, fier de ses semences
parcelles du GAECJean-Philippe Boué dans ses parcelles

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