DESIA25 : quand des éleveurs créent une usine d'alimentation animale

DESIA25 est une société située à la sortie de Pontarlier dans le Doubs. Elle compte parmi sa centaine d’actionnaires 77 exploitations agricoles, qui représentent 120 agriculteurs. Elle fournit aux agriculteurs des bouchons deshydratés produits exclusivement à partir de fauches provenant des terres des exploitations actionnaires. L’usine récupère de la chaleur issue de l’incinérateur de Pontarlier pour déshydrater la matière amenée par les exploitants agricoles. Elle a été mise en service en 2013.
Herb’actifs est allé à la rencontre de DESIA25 et de trois exploitations, chacune avec une stratégie différente. Virginie Meier, Directrice de DESIA25, nous présente la société

Les agriculteurs, à l’origine de DESIA25

DESIA25 est le fruit d’une réflexion qui a commencé en 2007. « Cette année-là, nous dit Virginie Meier, le séchage du foin a été très difficile et des agriculteurs, qui avaient l’habitude de se réunir pour raisonner ensemble, ont décidé de trouver des solution pour se simplifier le travail de récolte. Le déclic est venu assez vite, en 2008 au cours d’une visite de la CODEMA (COopérative de DEshydratation de la MAyenne) qui utilise le biogaz généré par l’enfouissement de déchets urbains pour sécher les fourrages de ses agriculteurs adhérents. »
L’esprit coopératif de la CODEMA et une des difficultés a laquelle cette société était confrontée a en fait suscité l’intérêt du groupe de visiteurs explique Mme Meier : « en Mayenne, tous les agriculteurs sont à la même altitude, donc toutes les récoltes se font exactement au même moment car dans leur rayon d’action, tout le monde est au bon stade au bon moment. Or ici, sur un rayon de 30 km on peut avoir 800 mètres de dénivelé et dans la zone AOC Comté, l’esprit coopératif on y est habitué. »
Dès lors, une association a été créée dans laquelle se sont regroupés des agriculteurs et des non-agriculteurs pour pouvoir réfléchir à l’idée de mettre en place une usine de déshydratation à partir d’une source de chaleur collective.
« Nous avons reçu un financement dans le cadre de l’appel à projets 2009 « Territoires multi-acteurs » de la Fondation de France qui nous a permis d’entamer dès 2010 des études de faisabilité technique et économique. Voyant que cela valait le coup, avec l’association nous avons commencé des réunions de secteur pour intéresser les agriculteurs. »

Les exploitants agricoles : nos actionnaires, nos partenaires et nos clients

« Avec nos actionnaires, nous avons démarré sur des scénarios de prudence en terme de tonnes à déshydrater : les agriculteurs s’engagent à hauteur de 5 ha minimum / unité économique sur 8 ans, mais cela peut-être sur une seule coupe, pour ne pas apporter de risque au système fourrager des exploitants partenaires. Certains par contre, qui travaillent leurs prairies temporaires, sont plutôt dans une logique de mettre plusieurs coupes. C’est un peu à la carte en fonction des systèmes de chacun. »
DESIA25 n’est jamais propriétaire des produits fabriqués dans son usine et ses clients ne sont que ses actionnaires. La société a fixé avec eux un prix stable à la tonne pour que les granules soient en complément alimentaire compétitif et que l’usine tourne.
« Les agriculteurs se sont aussi engagés dans ce projet pour avoir la satisfaction de donner à leurs vaches leurs propres aliments. L’autonomie est ce qui les guide depuis le début. » Et Virginie Meier ajoute :
« Ce qui est intéressant avec DESIA, c’est que l’on se retrouve avec des profils d’exploitations très différents :
Certains visent la performance et la qualité technique du troupeau, d’autres sont prêts à produire moins si ça leur coûte moins cher en intrants, d’autres sont rentrés dans DESIA pour valoriser des prairies naturelles qui sont loin de leur exploitation donc difficiles à utiliser. C’est bête de faire 30 km avec le matériel de fauche pour une seule parcelle ! »

Un aperçu du cahier des charges de l’AOC Comté – version Juin 2012

Le cahier des charges de l’AOC Comté est assez contraignant concernant l’alimentation du troupeau laitier :
- la ration de base des vaches laitières doit être constituée de fourrages issus de prairies situées dans l'aire géographique d’appellation.
- les produits d’ensilage et les autres aliments fermentés, dont les balles enrubannées, sont interdits toute l’année sur l’exploitation produisant du lait à Comté et dans l’alimentation du troupeau laitier.
- en cas d'affouragement complémentaire en vert, le fourrage vert, récolté proprement, doit être ramené et distribué à l’état frais à la ferme.
- l’apport de tout aliment complémentaire (graines, farines, tourteaux, plantes déshydratées produites hors de l'exploitation, etc…) est plafonné en moyenne troupeau à un apport de
1 800 kg/V.L./an. Tout aliment complémentaire dont l’humidité est supérieure à 15% est interdit.
- la liste des aliments interdits est trop longue pour être citée ici.

La conduite des prairies est également réglementée : les prairies ensemencées depuis moins de 5 ans avec une seule légumineuse, pure ou associée avec une seule graminée sont autorisées sur un maximum de 15 % de la surface fourragère de l’exploitation. Pour la réimplantation des autres prairies, il est obligatoire d’utiliser des mélanges de longue durée associant au minimum 3 types d’espèces complémentaires : graminées de fauche, graminées de pâture, et légumineuses.

les cheminées du séchoir de Desia25

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