L’autonomie, une mode à tailler sur mesure

Dans le Nord de la France, comme dans de nombreuses régions, l’autonomie en protéine est au cœur des réflexions, car les besoins protéiques sont énormes en élevage laitier avec un aspect économique important, puisque l’achat de tourteaux azotés représente près des 2/3 du coût de concentré (avec plus de 1 000 kg /VL/an). Nicolas MARECHAL et Guillaume CREPEL du réseau « Conseil Elevage » du Nord font part ici de leur réflexion, et de la nécessité de bien analyser les différentes voies d’autonomie possibles.

Selon eux, l’engouement actuel est tellement fort sur le sujet de l’autonomie protéique que le risque est de tomber dans un effet de « mode » abolissant toute réflexion et toute prudence.
Avant de se lancer, il convient d’explorer toutes les possibilités et d’en mesurer les conséquences. En la matière, ils distinguent 2 voies principales : la voie « Concentré » et la voie « Fourrages ».

La voie « Concentré », une voie sans bouleversement profond

Il s’agit d’implanter une culture qui fournira un produit destiné à se substituer aux tourteaux azotés. Les plus connues sont le pois protéagineux, le lupin, la féverole... Cette voie présente l’avantage de ne pas trop bouleverser le système fourrager de l’exploitation. Par contre, les limites techniques - quantité distribuée trop importante, excès d’amidon dans la ration - liées à une trop faible valeur azotée rendent cette solution délicate à utiliser.
De plus le manque de température et d’ensoleillement de la région Nord induit un rendement et des valeurs alimentaires plus faibles, ce qui en limite l’intérêt économique. Le progrès génétique de ces cultures les rendra probablement plus attractives dans les années à venir.

Une préférence pour la voie « Fourrages »

Elle a la préférence de Nicolas MARECHAL et de Guillaume CREPEL. « Cette solution consiste à substituer un autre fourrage plus riche en protéines à l’ensilage de maïs. Dans la pratique nous observons 2 positions : ceux qui essayent de mieux valoriser les surfaces en place, quitte à intensifier (ensilage d’herbe sur les prairies permanentes par exemple) et ceux qui implantent de nouveaux couverts, soit de manière semi-pérenne (exemple : luzerne, ray-grass hybride et trèfle violet), soit en interculture (exemple : mélange complexe de céréales et protéagineux, ray-grass italien et trèfle d’Alexandrie). La voie « fourrages » paraît de loin être la plus adaptée à notre contexte du fait des quantités importantes de protéines qui peuvent être produites sur un hectare. Elle permet également d’améliorer l’hygiène de la ration pour ceux qui nourrissent principalement avec de l’ensilage de maïs ».
Au-delà de l’intérêt économique, les deux conseillers ajoutent qu’il ne faut pas négliger les conséquences de ces 2 voies sur l’organisation du travail (chantiers de récolte différents), sur le changement d’emblavement (cultures de vente diminuées, manque de paille,...), sur l’équipement en matériel à prévoir et la nécessité d’infrastructures supplémentaires (matériel de fenaison, silo, cellules de stockage,…). Il faut également prendre en compte les conséquences sur les performances du troupeau. 

Mais au fait, c’est quoi les protéines ?

Les protéines ont été découvertes par le chimiste néerlandais Gerhard Mulder (1802-1880). Le terme protéine vient du grec ancien prôtos qui signifie premier, essentiel. Ce nom a été choisi probablement parce que les protéines sont indispensables à la vie et qu'elles constituent souvent la majorité du poids sec des cellules (60%).
Une protéine est une macromolécule composée d’une ou plusieurs chaînes d’acides aminés dont les fonctions essentielles sont très diverses dans l’organisme (structure des cellules, transferts des autres molécules, régulation d’autres protéines…). Elles représentent la seule source d’azote dans l’organisme, d’où leur intérêt. En ce qui concerne l’alimentation animale, on utilise couramment plusieurs définitions :
- La MAT : Matière Azotée Totale qui correspond à la teneur en protéines brutes. Elle est obtenue en multipliant la teneur en azote par un coefficient de 6,25. On ne tient pas compte de la digestibilité ni de la nature des acides aminés qui composent les protéines.
- La MAD : Matière Azotée Digestible. C’est la MAT moins l’azote qui se retrouve dans les fèces donc non utilisée et non transformée dans le tube digestif.
- Les PDI : Protéines Digestibles dans l’Intestin.
- Les PDIA : PDI provenant des protéines alimentaires non dégradées dans le rumen.
- Les PDIM : PDI d’origine microbienne. On distingue les PDIM permises par l’azote dégradé dans le rumen (PDIMN) et les PDIM permises par l’énergie fermentescible dans le rumen (PDIME).
- Les PDIN = PDIA + PDIMN (lié seulement à la teneur en azote totale = MAT).
- Les PDIE = PDIA + PDIME (dépend de la teneur en azote et de la valeur énergétique). 

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