De la luzerne pour gagner en autonomie protéique

Grâce à la capacité des légumineuses à capter l'azote atmosphérique de l'air, la luzerne produit des fourrages riches en protéines pour les élevages de ruminants. Mais sa culture, technique, demande à être apprivoisée.

Les légumineuses sont des plantes bénies pour renforcer l’autonomie protéique des exploitations d’élevage. Grace à leur capacité à transformer l’azote de l’air en protéines végétales, les légumineuses permettent de s’affranchir d’une partie d’une partie des concentrés achetés tout en limitant la fertilisation des sols. Cultivés en pur ou en association, les luzernes, trèfles ou sainfoins peuvent être récoltés en foin, enrubannage ou ensilage, offrant ainsi une large palette de fourrage de haute valeur alimentaire aux élevages de ruminants.

Parmi les légumineuses, la luzerne ne manque pas d’atouts. Dans de bonnes conditions, les luzernes peuvent produire de 10 à 15 tonnes de matières sèches par an et par hectare soit autour de 2 à 3 tonnes de protéines. « Des essais en vaches laitières dans l’Ouest de la France ont montré que la luzerne pouvait permettre d’économiser de 20 à 50 % du correcteur azoté tout en maintenant des performances laitières élevées », apprécie Benoit Rouillé, spécialiste de l'alimentation des vaches laitières à l’Institut de l’élevage. Les qualités de la luzerne ne s’arrêtent pas là. Ses racines pivotantes peuvent descendre en profondeur en fissurant le sol. En allant chercher l’eau en profondeur et en continuant à pousser par forte chaleur, la luzerne offre ainsi une grande résistance aux sécheresses.

« Par contre, prévient Patrice Pierre, expert fourrager de l’Institut de l’élevage, ce gisement de protéines demande de la technicité, que ce soit à l’implantation, dans son entretien ou sa valorisation. » L’implantation de la luzerne, au printemps, à l’automne ou sous couvert, demande de la finesse car il faut pouvoir offrir de l’eau et de la lumière à ces très petites graines enfouies dans le premier centimètre de terre. Attention aussi car si la luzerne demande de l’eau, elle ne supporte pas un excès d’humidité. On lui réserve ainsi les sols sains, profonds et pas trop acides.

Cap Protéines

Un article Cap Protéines – Damien Hardy

En cultures pures, les luzernes assurent des stocks de fourrages à hautes valeurs protéiques

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