Renforcer l’autonomie alimentaire des élevages herbivores

Parce que ce que l’on produit revient toujours moins cher que ce que l’on achète, l’élevage français veut renforcer une autonomie alimentaire, déjà élevée pour les herbivores. Les prairies, notamment celles riches en légumineuses, sont une piste pour réduire les importations de protéines.

Une des ambitions du Plan de Relance Economique de la France est d’améliorer l’autonomie alimentaire de l’élevage, notamment en réduisant la dépendance aux importations de protéines végétales. L’objectif est ambitieux : augmenter de 40% les surfaces dédiées à la production de protéines d’ici 3 ans, les doubler d’ici 10 ans.

L’élevage de ruminants a besoin de concentrés riches en protéines pour équilibrer sa ration à base de fourrages. Sont utilisés des tourteaux de colza, produits en France ou dans l’Union européenne, ou de soja, eux importés d’Amérique du Nord ou du Sud. Les importations de tourteaux de soja sont critiquées pour leurs impacts sur le climat et la biodiversité, induits par la déforestation engendrée par la course aux surfaces supplémentaires. Même si 75% des importations de tourteaux sont destinés aux monogastriques, les ruminants ont aussi des efforts à faire pour gagner en autonomie protéique. L’évolution des systèmes, avec l’agrandissement des troupeaux et le recul du pâturage, complique ce défi de l’autonomie protéique.

Une autonomie déjà élevée

Pour voir les progrès, il faut déjà savoir exactement d’où l’on part. Le réseau d’élevages Inosys collecte les données de 1.500 fermes d’élevage. Ce qui lui a permis de calculer leur autonomie alimentaire.

Les ateliers de ruminants ont un niveau d’autonomie alimentaire élevé. Pour les ateliers de bovins viande, l’autonomie massique, obtenue en comparant les quantités de matière sèche achetées à la totalité des matières sèches ingérées, est, en moyenne de 89%. Cette autonomie est supérieure à 85% en ovins viande. En production laitière, l’autonomie alimentaire est un peu moindre. Elle est de 77% en bovins lait. Pour les ateliers de caprins lait, elle est de 54%. Cette moyenne cache d’importantes variations selon le couplage au foncier. Sur la période étudiée, 2014 à 2018, il y a eu peu de variations entre années, seulement la poursuite d’une lente érosion, qui a fait perdre 1,5 point sur ces 4 années.

L’autonomie protéique est calculée par le ratio de la quantité de MAT produite par la quantité de MAT consommée. Le taux d’autonomie protéique est inférieur à l’autonomie alimentaire massique mais atteint quand même 75% en moyenne. Il est de 86% en bovins viande et de 83% en ovins viande. Le taux est plus variable en production laitière. L’autonomie protéique est de 70% en bovins, 68% en ovins mais est souvent inférieure à 50% en caprins, du fait du moindre recours au pâturage. L’autonomie protéique est supérieure dans les systèmes bio. Elle atteint 96% pour les élevages bovins naisseurs/engraisseurs, 89% en ovins viande comme en bovins lait en système de plaine, 82% pour les exploitations bovins lait de montagne. Le coût élevé des protéines bio a amené les éleveurs à maximiser les ressources de leur exploitation au travers de l’herbe et des fourrages riches en MAT.

Des pistes pour améliorer l’autonomie protéique

Le niveau d’autonomie est plus un indicateur de conduite que de résultats économiques. Cette étude n’a pas révélé de relation directe entre le coût du système d’alimentation et le taux d’autonomie. Ce taux et le niveau de rémunération de la main d’œuvre ne sont pas, non plus, liés.

Pour gagner en autonomie protéique, les prairies ont un rôle crucial à jouer. En effet, plus il y a de maïs dans la SFP, plus l’autonomie protéique est réduite. Quand il y a 10% de maïs, l’autonomie est de 87%. Si on passe à 30% de maïs, l’autonomie se réduit à 57%.

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