Produire du fourrage de qualité pour engraisser ses vaches de réforme avec un minimum de concentrés

Avec la hausse des matières premières, il faut s’assurer de la rentabilité de la finition de ses vaches de réforme selon leur GMQ et le coût alimentaire. Un coût alimentaire qu’on peut contenir en distribuant des fourrages de qualité.

Le programme « herbe et fourrages Centre Val de Loire » s’est penché sur la meilleure stratégie d’engraissement à adopter pour ses vaches de réforme. Les fortes hausses des matières premières font s’interroger les éleveurs, vaut-il mieux vendre des vaches maigres ou les finir ? Si je les finis, quelle ration choisir ?

Pour y voir plus clair, deux rations ont été comparées. La première, dite ration sèche, comprenait 7 kg/jour de céréales, 3 kg d’un complémentaire à 30% de protéines et 7 kg MS de foin. Son coût a été estimé à 3,94 €/jour/vache. La ration, appelée ration fourrages, comprenait 5 kg de céréales/jour, 10 kg MS d’enrubannage de luzerne. Son coût journalier a été calculé à 2,65 €.

En partant d’une vache maigre de 700 kg, estimée à 1.645 €, pour arriver à une vache finie de 450 kg de carcasse à 4,85 €/kg, soit 2.182 €, le coût alimentaire en ration sèche sera de 591 €. La marge sur coût alimentaire sera donc déficitaire de 54 €/vache. Avec la ration fourrage, le coût alimentaire sera de 397 €. Il permet une marge de 140 €/vache.

Réduire la durée d’engraissement

Pour alléger le coût alimentaire, il peut être tentant de réduire la durée d’engraissement. Si on la réduit de 150 à 120 jours, avec la ration fourrage, le coût alimentaire diminue à 318 € et la marge augmente de 140 €. Mais si les vaches produisent, à 120 jours, des carcasses plus légères d’au moins 16 kilos, ce bénéfice est perdu.

Raccourcir la durée d’engraissement est d’autant plus pertinent que des essais sur la ferme expérimentale des Bordes ont montré que le GMQ chute après 100 jours d’engraissement. Après 100 à 120 jours d’engraissement, la marge à la vache se dégrade fortement. Avec une ration à 2,65 €/jour, il faut une croissance d’au moins 992 g/jour pour couvrir le coût alimentaire. Si une vache est sous ce GMQ, mieux vaut la vendre même si elle n’est pas complétement finie.

Avec une ration sèche à 3,94 €/jour, il faudrait réaliser une GMQ de 1447 g/jour, ce qui n’est pas évident. Dans le contexte actuel de prix élevés des intrants, il y a des risques d’engraisser à perte. Pour vérifier la rentabilité de l’engraissement, il faut peser régulièrement ses vaches et calculer son coût alimentaire selon le prix actualisé de ses matières premières. Les vaches les plus finies ne seront pas forcément les plus rentables.

Raccourcir la finition grâce à un fourrage de qualité

Une finition a plus de chance d’être rentable si elle dure moins de 100 jours et s’appuie sur un fourrage à plus de 15% de protéines, afin de limiter les achats de tourteau.

Pour obtenir ce fourrage riche en protéines, si on est sur des terres saines avec un pH supérieur à 6, la luzerne est la solution. Elle sera implantée à raison de 25 kg/ha.

S’il y a des parties plus humides sur la parcelle, on peut partir sur un mélange de luzerne (12kg/ha), trèfle violet (8kg/ha) et trèfle blanc géant (3kg/ha).

Sur des terres hétérogènes, on peut garder de la luzerne (11kg/ha), le trèfle violet (6kg/ha) et ajouter de la fétuque élevée (5kg/ha), du dactyle (4kg/ha) et du ray grass anglais (3kg/ha).

Si les terres sont humides, cultiver de la luzerne ne sera pas possible. Pour obtenir un mélange riche en protéines, on peut partir sur du trèfle violet (8 kg/ha), du trèfle blanc géant (3 kg/ha), de la fétuque élevée (8 kg/ha), du dactyle (3kg/ha) et du ray grass anglais (4kg).

Pour une qualité maximale, la fauche devra être précoce.

vahces au pâturage

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