Ne laissez plus vos balles de foin trop longtemps dehors

La société Pampaas a lancé sur le marché des sondes thermométriques qui se placent dans le cœur des bottes de foin, au champ, pour notamment mesurer en continu et suivre l’évolution de la température des balles. Herb’actifs a interviewé Benoît Possémé, conseiller recherche appliquée et fourrage à la Chambre d’Agriculture Bretagne sur l’intérêt de ce nouvel outil.

Un outil qui pourrait modifier les pratiques

Une fois pressé, la température d’un fourrage évolue, explique Benoît Possémé. Il s’échauffe pendant un certain temps puis redescend en température. En Bretagne, les conditions climatiques ne permettent pas au foin de sécher rapidement. Les agriculteurs laissent donc les bottes dehors entre quinze jours et trois semaines pour être sûrs que la phase de montée en température est finie, plutôt que de prendre le risque de les rentrer en phase ascendante.

La sonde de Pampaas enregistre l’évolution de la température de la botte. L’exploitant sait donc quand elle entre en phase décroissante, et par extension les autres bottes sur la parcelles/la prairie. Il pourra donc rentrer son fourrage plus tôt qu’actuellement, car les éleveurs ont l’habitude de laisser longtemps dehors, par précaution.

Il n’y a pas de repère de température en fonction des espèces, précise Benoît. On vérifie la température du mélange ; un échauffement normal étant entre 40-45 °C, la température étant censée redescendre après. Aujourd’hui, mesurer ponctuellement une température de 45 °C ne dit pas où nous sommes dans la courbe d’échauffement. C’est tout l’intérêt du suivi en continu avec les nouvelles sondes. La botte peut monter au-delà de 50 °C ; si on voit la température diminuer, alors on pourra bientôt stocker.

Préserver la valeur alimentaire de son foin

Car plus les bottes restent longtemps dehors, plus le risque qu’elles soient mouillées augmente. Le foin va alors se dégrader, entrainant une baisse de la valeur alimentaire et surtout une perte de MS pouvant atteindre jusqu’à 10 et 15 % du poids de la botte, explique Benoît Possémé. Avec les sondes, les éleveurs vont pouvoir limiter le temps de présence des bottes dans la parcelle, ce qui devrait préserver à la fois leur qualité et leur quantité.

Bien choisir et bien confectionner sa botte

Si les prairies ou les parcelles sont homogènes, c’est à dire globalement exposées partout de la même façon au vent, la sonde pourra être positionnée dans n’importe quelle botte. Par contre si les prairies ou les parcelles sont hétérogènes, il faudra placer la sonde dans les zones où l’éleveur sait que l’humidité est la plus importante, où le fourrage sèche généralement moins bien, comme les zones proches des haies, par exemple.
Le séchage des bottes est également l’occasion pour Benoît de rappeler quelques conseils de compaction des balles. Si le foin est mis en balle à une teneur de matière sèche insuffisante, on va amplifier le risque de fermentation et donc l’échauffement. Il faut également que la balle respire et que l’humidité qu’elle contient s’évacue, donc ne pas trop la serrer. Trop serré, un foin va garder longtemps son humidité et finalement le temps de séchage au champ aura été inefficace. A la Chambre d’Agriculture de Bretagne, on recommande donc plutôt des cœurs mous pour que l’humidité s’évacue rapidement du centre de la balle.

La sonde de la société Pampaas est commercialisée au prix de 390 € HT avec un an d’abonnement au service (ensuite l’abonnement est entre 20-50 € HT par an en fonction du nombre de mois d’usage).

Une sonde Pampass dans une botte de foin

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