Face au réchauffement climatique, il faut saisir toutes les opportunités de récolte !

C’est en analysant 3 millions de données issues d’une centaine de stations météo entre 1980 et 2015, que les chambres d’agriculture du Massif Central ont montré les conséquences du changement climatique sur l’agriculture.

Les changements climatiques auront des impacts sur l’agriculture. Pour les anticiper et adapter les systèmes d’exploitation au plus tôt, le Service Interdépartemental pour l’animation du Massif Central, qui regroupe 11 chambres d’agriculture, a lancé, en 2015, le programme « Adaptation des Pratiques Culturales au Changement Climatique ». Son but : à partir des données météorologiques de proximité, enregistrées depuis 35 ans, et de l’analyse d’un climatologue, établir l’impact des changements climatiques sur son territoire, en tirer des prospectives pour les 30 années à venir et réfléchir aux changements de pratiques à mettre en face.

Température en hausse, bilan hydrique en baisse

Le premier constat est que le réchauffement est déjà observable. Les données montrent une hausse de l’ordre de 2°C de la température moyenne sur le Massif Central. Cette hausse est plus marquée au printemps, avec par exemple une élévation de 2,6°C de la température en 50 ans en Allier. Le nombre de jours chauds, avec des températures supérieures à 25°C, est en augmentation. Ces journées chaudes arrivent plus tôt d’un mois en 35 ans. Pour autant, les risques de gel en fin de printemps et tôt à l’automne resteront présents.

Il ne semble pas y avoir de variation du cumul des précipitations, mais plutôt des modifications de leur répartition, avec une diminution des précipitations au printemps et en été mais une hausse en automne. Les disparités de pluviométrie augmentent entre les différentes zones du Massif Central. Certaines pourraient connaitre une baisse de 75 mm des précipitations annuelles, alors que d’autres bénéficieraient de 50 mm en plus. Du fait de la hausse de l’évapotranspiration, le bilan hydrique pourrait baisser de façon importante. En 50 ans, on pourrait observer une dégradation de 100mm du bilan hydrique sur le Nord du Massif Central. Une diminution qui pourrait aller jusqu’à 250mm dans le sud de la région.

Globalement, se dessine une augmentation de la variabilité des conditions climatiques d’une année à l’autre.

Un impact direct sur la pousse de l’herbe

En terme d’impact sur les systèmes d’exploitation, les conseillers des chambres d’agriculture estiment que les changements climatiques se traduiront par une pousse de l’herbe plus précoce ainsi qu’une saison automnale plus importante. Par contre, l’arrêt de la pousse de l’herbe en été risque de s’allonger dans certaines zones et d’apparaitre dans d’autres.

Pour anticiper au mieux ces changements dans les périodes de pousse de l’herbe, les agronomes conseillent de saisir toutes les opportunités de valorisation, notamment par des récoltes de stocks plus précoces. Pour sécuriser les stocks de foin, le recours aux systèmes de séchage en grange est une piste à envisager. Ils préconisent d’augmenter ses stocks par voie humide, par exemple pour valoriser les pousses automnales. Face au plus fort risque d’aléas climatiques, il serait intéressant d’avoir une gestion pluriannuelle de ses stocks fourragers. Le pâturage pourra aussi être optimisé par une mise à l’herbe plus précoce et jusqu’à plus tard en automne mais avec une période d’affouragement en été.

Les spécialistes des chambres d’agriculture estiment que les mélanges variétaux permettront de gagner en souplesse de récolte. Les espèces à fort enracinement aideront à mieux résister aux périodes de stress hydrique. Enfin, pour contourner des conditions automnales qui pourraient être trop défavorables au semis, il peut être intéressant de semer des prairies sous couverts de céréales.

Evolution des températuresEvolution des précipitations

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