De la luzerne en terres acides ? ... Si, si ça marche !

Cultiver de la luzerne en terres acides… une folie ? Pas pour Arnaud Oble, au lycée agricole de Bressuire. Pâturée une fois par an, elle est également récoltée en sec ou enrubannée.

Jusqu’en 2004, date à laquelle je suis arrivé au lycée agricole de Bressuire, la ferme était conduite de façon intensive : le pâturage n’était pas la priorité, se souvient Arnaud Oble, directeur de la ferme. En 2005, avec la signature d’un CAD (contrat d’agriculture durable), cela le devient ». La refonte totale du système est engagée et avec elle, la volonté de gagner en autonomie alimentaire, de diminuer les achats de concentrés et les apports d’intrants. Les sols sablo limoneux de la ferme affichent des teneurs basses en pH, proches de 6.

Désormais, chaque année, les sols reçoivent 30 tonnes de chaux, réparties sur environ 20 ha, et une réelle politique de compostage est menée pour faire remonter le pH. Et cela fonctionne ! Les dernières analyses, de septembre 2012, affichent des pH de 6,8 à 7. Depuis 5 ans, malgré des campagnes difficiles, la rentabilité des différents ateliers a nettement progressé et notre budget est équilibré. Le taux de mortalité des veaux est inférieur à 5 %, l’Intervalle Vêlage-Vêlage (IVV) est en baisse, le GMQ a progressé, sans oublier une réduction des achats de concentrés pour les ovins et les bovins.

Semis direct pour la luzerne

Bien qu’elle soit peu cultivée dans la région, Arnaud Oble a souhaité tester la luzerne pour accroitre l’autonomie alimentaire de la ferme : celle-ci dépasse désormais les 75 %. En septembre 2009, les deux premiers hectares sont implantés : à l’automne, de façon « classique » derrière une céréale au moyen d’un combiné. En optant pour cette stratégie, la luzerne n’est réellement exploitable que 18 mois après, au printemps. Du coup, cette année, nous l’avons implantée au printemps, en mars, avec de l’orge, sur 3,5 ha en semis direct, à l’aide d’un outil néozélandais, de marque Aitchinson. « Une totale réussite, confie-t-il. Alors que l’orge a été récoltée en été (25 t/ha), la luzerne a été pâturée à l’automne. L’année prochaine, nous misons sur trois coupes : en enrubannage ou foin. En septembre dernier, 4 nouveaux ha de luzerne ont été implantés, derrière un triticale, à nouveau en semis direct ».

Sur l’exploitation, toutes les prairies de luzerne sont pâturées au moins une fois par an, à l’automne. Le pâturage tournant, instauré sur l’ensemble des prairies, permet de laisser les animaux de 9 à 10 mois dans les champs. Pour profiter au maximum de la qualité de la luzerne, Arnaud Oble a souhaité investir dans un retourneur d’andain, de la marque Dion. Moins agressif qu’une faneuse-andaineuse traditionnelle, il limite les pertes de feuilles de l’ordre de 35 % et optimise le rendement UF, + 11 % (1). Pâturée ou apportée en ration sèche, la luzerne constitue aujourd’hui une espèce à part entière de l’alimentation des animaux : des animaux qui s’affichent comme des références génétiques à l’échelle départementale.

L’exploitation

  • 78 ha en polyculture élevage dont 9 ha de luzerne, 8 ha de triticale, 49 ha en prairies multi espèces et 12 ha en prairies naturelles.
  • Sols sablo limoneux, très séchants l’été mais affi chant un bon niveau de portance en hiver.
  • 40 vaches allaitantes en Rouge des Prés.
  • 200 brebis allaitantes.
Arnaud Oblé dans son champ de luzerne

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