À la fin de l’été, pourquoi ne pas améliorer ses prairies par sursemis ?

Si la prairie est dégradée, si vous hésitez ou ne pouvez pas ressemer entièrement la prairie, il est possible avec le matériel de l’exploitation de la sursemer sans détruire le couvert prairial en place. Dès le mois d’août si les conditions hydriques le permettent vous pouvez envisager cette technique, cette période étant la mieux adaptée à cette forme de semis.

L’été, la bonne époque

Cette époque est particulièrement propice au sursemis, car la végétation en place pousse moins vite et est moins concurrentielle qu’au printemps pour les jeunes plantules. La levée du jeune semis est rapide après les premières pluies. Par ailleurs, atout non négligeable, le nombre de jours disponibles pour sursemer n’est généralement pas limitant. Faites toutefois attention, dans les régions les plus froides, aux gels précoces qui risquent de détruire les jeunes plantules encore peu développées.

Le matériel de l’exploitation : une solution envisageable

Même si les meilleurs résultats sont obtenus avec du matériel de sursemis spécialisés, celui-ci n’est pas toujours facilement disponible et peut être remplacé par du matériel présent sur l’exploitation. L’utilisation d’une herse à prairies (à dents rigides ou étrilles), ou d’une herse lourde suivi du semis avec un semoir à céréales dont les socs auront été relevés, puis d’un roulage, peuvent être une solution intéressante et peu coûteuse.
L’utilisation de ces outils a des avantages certains. Le hersage permet l’aération du sol, une relance de l’activité biologique et l’arrachage des plantes à enracinement superficiel comme le pâturin, ou l’agrostis. L’utilisation du semoir à céréale assure la maîtrise de la dose de semis et la répartition homogène des semences. Cependant cette technique demande au moins 3 passages : hersage, semis et roulage pour être performante.

Les 5 points clefs à respecter pour réussir son sursemis

En plus des recommandations valables pour tous les semis de prairies, certaines recommandations spécifiques à la technique du sursemis sont à suivre. Cette technique est délicate ; il est indispensable de respecter les 5 points suivants pour se donner un maximum de chances de réussir :

  • intervenir sur une végétation rase ;
  • intervenir sur un sol ouvert ;
  • semer dans des conditions optimum de germination ;
  • semer le plus en surface possible et recouvrir les semences de terre fine ;
  • bien rappuyer le sol après le semis.

En fin d’été et avec le matériel de l’exploitation ces 5 points peuvent être respectés en prévoyant tout d’abord un pâturage ras de la parcelle à moins de 5 cm avant d’intervenir. Ensuite l’utilisation de herses permet d’ouvrir le sol sur l’ensemble de la surface en arrachant les plantes à racines superficielles tels que pâturins, agrostis… Comme ce hersage déterminera aussi la profondeur du semis, il est donc important de bien en régler l’agressivité.
La température est optimale à cette période pour le développement des jeunes semis ; ce sont souvent les conditions hydriques qui sont le facteur limitant, mais la période de semis est suffisamment longue pour que les pluies de fin d’été suffisent à la bonne germination des semences. Pour semer le plus en surface possible et pouvoir recouvrir les semences de terre fine, il faut relever les éléments semeurs du semoir. Ensuite le hersage réalisé derrière le semoir, moins agressif que le premier, permettra de recouvrir les semences. Enfin, il est indispensable de bien rappuyer le sol après semis et pour cela il faut prévoir un passage des animaux, souvent plus efficace, ou le passage d’un rouleau cultipacker ou d’une croskillette.
La technique du sursemis est délicate et le succès n'est pas toujours au rendez-vous. Cependant le risque à assumer est faible ; la prairie est toujours en place et productive, le hersage est bénéfique, l’investissement est faible et surtout l’amélioration de la flore peut être spectaculaire et durable.

Choisir des espèces « agressives »

  • en pâturage : RGA, RGH, trèfle blanc ;
  • en fauche : RGI, RGH, trèfle violet.

Pour les espèces plus lentes d’installation (fétuque élevée, dactyle), il est recommandé de maîtriser la hauteur de la flore initiale pour favoriser l’accès à la lumière des jeunes plantules par pâturage ou broyage. Attention ! Ce type de sursemis est plus aléatoire et nécessite de très bonnes conditions de sursemis.

prairies en train d'être surseméematériel de l'exploitation à utiliser

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